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Article La DDM, 18 avril 2009
23-04-2009 7:32:45
Une femme noire pour rappeler l'éternel combat contre le racisme
Hier, le maire Pierre Cohen et Jean-Paul Makengo, adjoint au maire à la diversité et à l'égalité, ont inauguré dans le parc de Compans-Caffarelli, une stèle en l'honneur du 161e anniversaire de l'abolition de l'esclavage et de l'anniversaire de la mort d'Aimé Césaire, poète de la négritude. Près de deux cents personnes se sont jointes à la cérémonie. Dépôt de gerbe et discours se sont conjugués au folklore des danses réunionnaises pour chanter la dignité de tous les descendants d'esclaves. « On devrait être 3 000 ! » a déploré Francis, avocat d'origine camerounaise, installé à Toulouse depuis 27 ans.
DÉFENDRE L'HONNEUR DU PEUPLE NOIR
« Depuis la loi Taubira du 21 mai 2001, l'esclavage fait partie de notre mémoire commune. Aujourd'hui Toulouse veut combattre au quotidien le racisme et l'intolérance pour une ville cosmopolite et multiculturelle où chacun ait sa place », a martelé le maire Pierre Cohen. Marie-Ange Thébaud, secrétaire général du conseil représentatif des associations noires Midi-Pyrénées a approfondi l'échange en retraçant l'histoire des peuples noirs et de leurs souffrances au cours d'un « discours poétique et très documenté ». « Les coupables ne sont plus de ce monde, a-t-elle précisé. Mais un travail en profondeur de lutte contre le racisme doit continuer. » Des mots que le groupe réunionnais « Fonnkèr » (du fond du cœur), a traduit en danses chaloupées et musique cadencée. Sous deux arc-en-ciel, ils ont exalté leur attachement à la ville rose, une ville festive proche de leurs valeurs.
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161e anniversaire de l'abolition de l'esclavage
23-04-2009 7:31:50
INAUGURATION DE LA STELE - HOMMAGE A CESAIRE, 17 AVRIL 2009
Au nom du Collectif 161, je remercie Monsieur Pierre Cohen, député-maire de Toulouse d’avoir installer cette stèle dédiée à la mémoire de l’Esclavage ici, au Parc Compans Cafarelli qui inspire, calme, méditation et sérénité.
Je remercie le Collectif Toulousain pour la Commémoration de l’abolition de l’Esclavage de m’avoir choisi pour le représenter en ce 17 avril pour l’inauguration de la stèle et l’hommage à Aimé et ses airs d’immortel, d’universel.
L’Assemblée Nationale et le Sénat Français ont adopté le 21 mai 2001 le texte de loi proposé en 1998 par Christiane Taubira, député maire de la Guyane Française. Par ce texte de loi, la République Française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’Océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques, aux Caraïbes, dans l’Océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’Humanité.
Le collectif est très honoré par cette loi car non seulement elle défend la mémoire des esclaves mais défend, aussi, l’honneur de leurs descendants.
Sur tous les continents, les diasporas noires, organisées et conscientes de la permanence d’un mépris plus ou moins exprimés envers l’ancien esclave, sollicitèrent les Nations Unies jusqu’à ce soit organisée en 2001, à Durban en Afrique du Sud « la conférence contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance’ . Pour la première fois, des chefs d’Etat ou leurs représentants ont reconnu que l’Afrique a subi une hémorragie de ses hommes et que les conditions dans lesquelles s’est déroulé ce trafic infâme constituent un crime contre l’humanité.
Je cite ici des extrait du film « Noires Mémoires » de François Rabaté :
L’esclavage fut un trafic infâme et une pratique très ancienne, déjà chez les Grecs et les Romains, les prisonniers de guerre, les « barbares » issus des peuples voisins et ceux placés dans l’incapacité de payer leurs dettes formaient l’essentiel du contingent servile. Mais, avec les Européens, l’esclavage prend une nouvelle dimension : par le nombre d’individus concernés, par la durée du phénomène, par l’inscription de l’esclavage dans le Droit, par sa codification. Les Européens innovent et mettent en place un système organisé qui reliera trois continents et qui réduira ces esclaves à l’état de simple marchandise. Définir avec précision le nombre d’Africains réduit en esclavage et victimes de la traite négrière est encore impossible à nos jours. Les chiffres oscillent entre 30 et 100 millions d’individus, sans compter les anonymes engloutis par les Océans en cours de route…
Faisons un bref rappel : de manière générale, les Européens se sont dirigés ver la « Côte des esclaves » aujourd’hui identifiées comme le Bénin, le Nigéria, le Cameroun, le Congo et le Sénégal. Une fois débarqués, les Européens délivraient leurs cargaisons et cherchaient à se procurer une main d’œuvre gratuite pour remplir les bateaux. Il a fallu capturer des individus et en faire des esclaves. Pour cela, ils ont soudoyé des mercenaires occidentaux et parfois des Africains capturés à qui ils ont imposé des chasses de noirs en échange de leur liberté. C’est ainsi que des esclaves pris dans certains pays se sont retrouvés libres dans des pays voisins. Dans une autre logique, certains chefs de petits royaumes ont concédé aux Européens des prisonniers acquis lors de razzias et de guerres intestines. On a dû leur forcer la main pour mettre en place des filières de la traite des noirs. Autre méthode utilisée : la capture des chefs de guerre et l’échange de leur liberté contre plusieurs hommes ou femmes noirs.
La résistance, elle a existé en Afrique : des soulèvements ont eu lieu, notamment au royaume du Dahomey ou chez les Bambaras mais les guerres intestines et la course aux armements auxquelles se livraient quelques royaumes du continent africain ne permettaient pas la cohésion nécessaire à une opposition centralisée.
Les femmes espaçaient les naissances : un deuxième enfant était le bienvenu lorsque le premier était en âge de marcher et de fuir. D’où forcément une baisse de la natalité.
Dans les îles : Les esclaves ont fui, mis le feu aux plantations, étranglés leurs maîtres. Certaines femmes ont su tirer parti de leurs atouts, mais d’autres plus rebelles sont devenus des Nèg’mawonnes ! Certains l’ont payés de leur vie, mais d’autres nègres marrons ont fui dans le fin fond des montagnes et ont su profiter de la liberté bien avant l’abolition de l’esclavage.
Selon l’UNESCO, des traces écrites ont existé mais d’une manière dispersée : au Bénin notamment des archives auraient été détruites à la veille de l’indépendance. L’île de Gorée au Sénégal incarne le départ de ce périple infernal et la souffrance du peuple noir. Au Bénin, la ville de Ouidah marque le départ de la Route des Esclaves. D’Afrique en Amérique le voyage fut monstrueux. Une fois arrivés dans l’archipel antillais, au Brésil, au Surinam et dans les Colonies de la côte Est des Etats-Unis, ces hommes, ces femmes et ces enfants ont été débarqués et vendus aux planteurs locaux. De Tanzanie, du Mozambique, de Zanzibar, du Kenya en passant par Madagascar ils ont été emmenés vers Maurice, la Réunion, les Comores et vendus eux aussi. Ils ont pris le nom de leurs maîtres en arrivant sur les plantations. Pour les femmes, la vie fut particulièrement dure, violées par les maîtres et les régisseurs, elles donnèrent naissance à des mulâtres ou métis qui ont constitué plus tard l’élite politique des colonies. L’homme esclave quant à lui, à du subir la négation de sa paternité : dès la naissance, ses enfants appartenaient déjà au maître. Dans leur immense majorité, les esclaves participaient aux travaux des champs, les coupeurs et les amarreuses se partageaient la tâche, d’autres étaient directement rattachés au service de la maison ou employés pour l’éducation des enfants blancs.
Sur le site des archives nationales françaises, nous pouvons trouver des textes d’écrivains ou de citoyens Européens qui étaient contre l’esclavage. En Angleterre par exemple, Darwin et sa famille étaient contre l’esclavage.
Dans la lente et difficile conquête des libertés, où rien n’est donné, le combat des abolitionnistes s’est inspiré de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, les décrets d’abolition firent leur apparition en 1833 en Grande-Bretagne et 1848 en France.
Que ce soient en Europe, en Afrique ou bien ailleurs, ceux qui ont été témoins mais pas d’accord avec le trafic ont souffert de n’avoir rien pu faire. En Afrique, nous dit-on, les familles ont pleuré pendant longtemps les membres de leur famille ou les amis perdus en se demandant où ils étaient passés et ce qu’ils étaient devenus… Les coupables ne sont plus de ce monde, leurs descendants ne sont pas responsables de ce qui s’est passé à l’époque. Si le racisme, ce « crime de cœur et d’esprit »*, découle directement de l’esclavage, nous ne pouvons que souhaiter que l’histoire universelle de l’esclavage soit transmise de génération en génération afin que chaque génération se remette en question, fasse un travail profond sur la tolérance envers les autres, pour que la paix s’installe en chaque être et entre les citoyens du monde.
Merci encore, M. le Député-Maire de Toulouse pour cette stèle,
« Femme nue femme noire comme le disait si bien Sedar Senghor, vêtue de ta couleur qui est vie, la beauté de ton corps n’a cessé d’être chanté ou sculpté au grè des inspirations. Femmes noires, mères de nos vies, de notre histoire, nous vous accordons aujourd’hui un hommage particulier car, de vos seins, vous avez nourri et transmis ce sang qui est le nôtre. Vous nous avez transmis la beauté, l’intelligence, le courage, la dignité, la force et l’amour.
Beautés des îles, sportifs de haut niveau, intellectuels de renoms, chanteurs, épouse de chef d’état, poètes, nous savons faire honneur à nos ancêtres et là-haut, ils doivent être fiers de nous. Nous sommes aussi fiers de ce qu’ils nous ont transmis, fiers de notre négritude, comme le fut Césaire. Du noir fondamental est venue la vie, cette vie qui nous est arrivé de là-haut, d’un trou noir, d’une étoile, d’une star comme le fut et le restera Aimé Césaire. Voici un extrait de « Nègre je suis, nègre je resterai… » :
«… L’homme est comme il est…. Il faut libérer l’homme nègre, mais il faut aussi libérer le libérateur. Il y a un problème en profondeur. Un problème de l’homme avec lui-même. Pour découvrir qui l’on est, Aimé Césaire conseille la culture universelle. Tout doit nous intéresser, dit-il, c’est à chacun de trouver une réponse. Aucun de nous n’est en marge de la civilisation universelle. Elle existe, elle est là et elle peut nous enrichir, elle peut aussi nous perdre. C’est à chacun de faire le travail.
* extrait du discours de Jacques Chirac « L’ensemble de la mémoire de l’esclavage doit entrer dans notre histoire » en l’honneur du Comité Pour la Mémoire de l’Esclavage , Elysée - janvier 2006
Nègre je suis, nègre je resterai – Entretiens avec Françoise Vergès – Albin Michel 2005 – pages 46, 50, 63
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20 désamb fète de la liberté
19-12-2008 16:19:11
Joyeuse Fèt’Kaf à tous les kafs et kafrines de par le monde.
Le 20 décembre annonce aussi la fin de l’année. Une année 2008 qui a été forte en émotions.
Nous avons perdu Aimé Césaire, mais heureusement, ses écrits font de lui un être immortel. Nous avons aussi célébré Martin Luther King mort depuis 40 ans et rendu hommage à son combat en faveur de la justice, de la non-violence et de la réconciliation. 2008 a été aussi l’anniversaire des 60 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Beaucoup de choses pour une seule année !
2009 s’annonce comme celle de la continuité de tous ces combats pour le respect des droits de l’Homme dans le monde. La réalisation du rêve de Martin Luther King en l’élection de Barack Obama, 48e président des Etats-Unis, s’avère être pour tous les peuples de la diversité et ceux qui la soutiennent l’avènement du début d’année 2009. 2009 s’annonce donc comme l’année du changement pour le monde entier. Ce sera aussi le début d’une lutte plus acharnée pour l’égalité et la liberté. Il faudra donc redoubler de vigilance vis-à-vis des détracteurs de l’égalité, de la justice et de la fraternité dans le monde.
Il est si difficile pour certains de laisser une place aux autres, de les respecter et de les considérer comme des êtres humains à part entière. Pourquoi faut-il que certains cherchent, à tout prix, à dominer, à être supérieur à l’autre, à le réduire en esclavage ? L’esclavage est un héritage de nos ancêtres à tous, quelle que soit la couleur de notre peau. Les esclaves ont été blancs pour les blancs, puis noirs. Des noirs sont toujours aujourd’hui esclaves de noirs ou d’autres peuples. Des enfants subissent aussi la domination dans le monde. Souhaitons que, par l’éducation de tous les peuples et la connaissance des droits de l’Homme, la reconnaissance et le respect de l’autre deviennent les maîtres mots qui conduiront l’Homme à la sagesse. Cette sagesse qui fera de l’Homme cet Homo Sapiens (homme sage) qu’il est censé être !
Joyeuses fêtes, bonne fin d’année 2008 et excellente année 2009 à tous.
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160e anniversaire de l’abolition de l’esclavage
13-05-2008 14:43:58
Le Président de la République commémora cet anniversaire au jardin du Luxembourg en évoquant la « souffrance que l’esclavage a engendré, les blessures qu’il a laissées dans l’âme » et appelait à regarder « de façon lucide et apaisée » ce chapitre sombre de l’histoire de France.
Les associations noires de France (80 000 personnes) ont défilé à Paris et ont dénoncé la persistance de « préjugés », 160 ans après l’abolition de l’esclavage. « Il ne faut pas attendre 160 ans pour s’occuper des gens qui souffrent aujourd’hui » déclarait Patrick Lozès, président du Cran.
A Toulouse : le Préfet, le Conseil Régional, le Conseil Général et les associations noires représentées par la Maison de l’Afrique à Toulouse et le Cran Midi Pyrénées, déposèrent des gerbes en mémoire des victimes de la Traite au jardin Compans Cafarelli.
En hommage à Aimé Césaire, la lecture de quelques un de ses textes fut faite par des enfants devant un public receuilli et touché par sa disparition récente.
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KAFRITUDE
18-04-2008 10:04:39
KAFRITUDE
Hommage à Aimé Césaire.
Le nègre n’est plus, mais la négritude a encore de beaux jours devant elle.
Le combat des noirs continue et la relève au niveau des nouvelles générations est assurée.
Même si ces personnes n’ont pas la même notoriété qu’un Césaire ou qu’un Senghor, les noirs de France se font entendre et on parle d’eux. Leur combat, dans la continuité de celui de Césaire, donne des résultats. Les noirs sont de plus en plus visibles dans les média, au gouvernement, dans les collectivités territoriales… Ils s’expriment de plus en plus, dans le milieu musical, littéraire, théatrâle, cinématographique…
Fèt’Kaf : la fète des noirs venus de la cafrerie.
Le mot Kaf à la Réunion est utilisé pour dire qu’une personne est noire.
Au fil du temps, tout le monde est devenu « kaf ». « Mon p’tit kaf » est utilisé affectueusement pour un jeune garçon à qui on s’adresse. « Mon kaf » pour un homme, « mon kafrine » ou « kafrine » pour une fille, une femme. Le « kaf » est celui pour qui on éprouve de la sympathie, de l’affection, de l’amour …
Aimé Césaire a donné naissance à la négritude et nous lui en sommes infiniment reconnaissants.
La kafritude prend naissance et puise sa source dans la négritude et devient universelle puisque l’expression «mon kaf » se dit à la Réunion, aussi bien à propos d’un jeune noir, blanc, ou métissé. Idem pour kafrine.
L’utilisation du mot kaf rend au noir ce qui revient au noir : l’Afrique est le berceau du monde et à bien y réfléchir, tous les êtres humains ont du noir en eux.
Ainsi, utiliser « mon kaf » affectueusement pour une personne quel que soit la couleur de sa peau prend toute sa signification.
Nègre je suis, nègre, je resterai.
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Véronique Alhoune
13-04-2008 22:30:56
Je suis membre de Toulangues. http://www.toulangues.org/welcome/index.php
Je suis métissée, je ne suis pas unique en mon genre ! À la Réunion, nous sommes tous plus ou moins métissés et ce métissage remonte au début de la colonisation et du peuplement de l’île. Je suis un mélange de malgache, français et indien.
Ma langue maternelle, le créole réunionnais est aussi un mélange de mots français, malgache, breton …
Je parle le créole, mais comme j’ai quitté l’île depuis une vingtaine d’année, le créole dont je parle a évoluer avec moi. Quand je retourne à la Réunion, quand je fais ce retour aux sources de ma langue maternelle, je me gave de mots anciens, oubliés de moi et utilisés par ceux qui n’ont jamais quitté leur île. Ils ont cette chance d’être en contact permanent, d’être en immersion totale dans l’océan de mots créé par nos ancêtres. C’est un réel plaisir que de s’y plonger, de se baigner à nouveau dans ce lagon et de se ressourcer. Cela fait un bien immense de parler, de converser, d’utiliser des mots qui prennent tout leur sens au contact de personnes qui écoutent et comprennent. Toute seule, chez moi, je peux aussi parler le créole. Je peux parler à des « zoreils » novices, curieux d’entendre cet amalgame de mots sans trop comprendre le sens profond. Parler une langue, c’est surtout se faire comprendre, avoir une écoute. La qualité de l’écoute est importante. Puis viens l’échange. On s’enrichit les uns les autres. Les autres s’enrichissent de ma façon de parler quand je repars sur mon île. Ils s’enrichissent aussi de la radio, de la télévision, des autres langues de gens de passages, des langues apprises au collège, au lycée, à l’université. C’est le va et vient incessant de la vague sur le rivage d’une langue qui ne cesse de prendre au passé, au présent et au futur.
Au présent, ma langue, c’est celle que je parle avec le vocabulaire enrichi de mon expérience. Au passé, c’est ce que je reprends auprès des autochtones. Au futur, ce sont les mots inventés par les adolescents, les mots d’autres langues qui viennent s’y ajouter.
Une langue vit. Une langue vivante a un passé, un présent et un avenir. C’est bien d’avoir une grammaire, une base. À partir de cette base, on évolue. L’évolution se fait malgré nous. L’évolution se fait au contact d’autres langues, d’autres personnes. La roue tourne en permanence.
Écrire ma langue, pour moi c’est quelque chose de personnel. Mi écri comme mi entend, mi entend comme i vient. Mi écrit avec c, avec k, mi écrit momon, mi écrit maman. Lo grammèr ec lo dictionèr la arriv’ après moin. Kan band la zot la fabric tou sa moin té déjà né. Moin té écri déjà mon fason… L’écriture créole pour moi est quelque chose de nouveau. Quelque chose qui a été instauré bien après ma naissance. C’est compliqué pour moi d’apprendre à écrire le créole comme i faut.
C’est plus facile pour quelqu’un qui n’a jamais été en contact avec cette langue, qui apprend tout de a à k à z d’écrire le Créole réunionnais comme il se doit. On n’arrête pas le progrès !
Il y a ceux qui, sans être créoles, apprennent à écrire et à parler d’une façon officielle et ceux qui le parlent et l’écrivent d’une façon vernaculaire. La rencontre de ces deux populations fera évoluer le Créole réunionnais.
A moins que ce monde, de plus en plus élitiste, ne finisse par rejeter le créole au fin fond de son double illettrisme (en langues Française et Créole) face à des docteurs et des professeurs en littérature qui, seuls, garderons le monopole de l'expression.Je n'ai rien contre eux, j'en ai épousé un. J.P. Sartre disait lors d'un discours Rue Bonaparte en mai 1968 :"Il y a 50 ans que le peuple et les intellectuels sont séparés. Il faut qu'ils ne fassent plus qu'un". En 2008, nous savons que les intellectuels se trouvent dans le peuple, il faut les laisser s'exprimer ! Voilà pourquoi je soutiens Publibook et les nouvelles maisons d'édition qui permettent à chacun d'écrire et de se faire lire. Les auteurs en herbe sont de plus en plus nombreux. Il faut un espace d'expression pour chacun. Merci internet, grâce aux blogs le peuple peut écrire. Pouvoir s'exprimer est vital. Quel que soit la langue dans laquelle on s'exprime. Surtout : gardons nos patois, nos langues régionales... ils font notre identité. Grâce à internet, nous pouvons apprendre des langues. Aussi, pour apprendre le créole réunionnais, il suffit d'aller sur
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9ole_r%C3%A9unionnais
http://www.creole.org/dictionnaire_creole.htm
http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/AFRIQUE/reunion.htm
et de créer des rencontres avec des personnes qui parlent le créole afin de le pratiquer.
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Dernier livre paru :
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Fèt' Kaf
Roman
A travers l’itinéraire de Fê’Kaf, on découvre la vie d’un jeune réunionnais né dans les années 30, de l’enfance à la vieillesse en passant par le mariage et la vie de famille, l’épreuve du chômage et le mode de vie créole. Car les beaux paysages de la Réunion ont aussi été il y a plusieurs siècles le théâtre du pire des avilissements : l’esclavage. En mémoire de tous ceux que le sang africain a condamné au pire, Véronique Alhoune restitue à travers ce personnage emblématique le combat de toute une génération.
Version papier : 13,00 € / 104 pages
Version pdf : 6,49 €
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